Les électeurs américains ont porté un coup significatif à l'administration Trump lors des élections intermédiaires de mardi, en élisant des Démocrates pour prendre le contrôle des deux chambres du Congrès à partir de janvier. Ce changement politique introduit une incertitude immédiate concernant la loi sur la revitalisation du cinéma, de la télévision et du divertissement, un projet de loi bipartite présenté en septembre visant à créer un crédit d'impôt fédéral pour la production cinématographique et télévisuelle aux États-Unis. Initialement destinée à être rattachée à un projet de budget de fin d'année devant être voté avant le 11 décembre, la législation fait désormais face à un paysage imprévisible alors que les Démocrates se préparent à assumer des majorités écrasantes.

Les réactions de l'industrie aux résultats électoraux sont mitigées. Certains initiés suggèrent que la victoire écrasante des Démocrates complique le passage de l'avantage fiscal, notant que le parti sera submergé par des priorités conflictuelles une fois qu'il aura établi son contrôle. Cependant, d'autres sources soutiennent que la victoire décisive renforce en réalité les perspectives du projet de loi en évitant une bataille législative prolongée qu'une élection plus serrée aurait pu déclencher. Ces optimistes se réfèrent aux commentaires du président Donald Trump le soir des élections, où il semblait ouvert à des accords avec les Démocrates, comme signe d'un appétit continu pour une législation transpartisane.

Scott Budnick, fondateur et PDG de 1Community et principal défenseur du crédit d'impôt californien pour le cinéma, a exprimé sa confiance que les élections intermédiaires auraient peu d'effet sur le passage du crédit fédéral. Il a noté que des républicains et des démocrates de haut rang collaboraient déjà avant l'élection, et que le président Trump avait précédemment déclaré sur Truth Social qu'il signerait la loi. Budnick estime que ce sentiment bipartite reste fort, suggérant que la législation pourrait toujours avancer comme prévu.

Le scénario idéal consiste à faire passer la loi sur la revitalisation du cinéma, de la télévision et du divertissement avant la fin de l'année pour éviter une nouvelle fermeture du gouvernement. La représentante Laura Friedman, réélue mardi, a souligné l'urgence, déclarant que chaque jour sans crédit d'impôt fédéral pour le cinéma laisse les États-Unis derrière 65 autres pays qui se disputent des emplois de production. Elle a mis en avant la volonté exprimée par le président de travailler avec les Démocrates, présentant cela comme une opportunité critique de ramener des emplois et des investissements aux États-Unis.

Cependant, des risques subsistent concernant la perte du soutien bipartite. L'élan du projet de loi reposait largement sur l'approbation du président Trump en août ; s'il retire son soutien ou change de priorité, les républicains du Congrès pourraient avoir du mal à maintenir leur appui sans la pression de la Maison Blanche. De plus, plusieurs cosponsors clés, dont les représentants Mike Carey, Brian Fitzpatrick et Marianette Miller-Meeks, ont perdu leurs courses, ce qui pourrait modifier la dynamique législative. Avec la perte du contrôle des républicains tant au Sénat qu'à la Chambre, leur temps restant au pouvoir pourrait être consommé par la poussée de nominations plutôt que par de nouvelles législations.

Si le projet de loi ne passe pas lors de la session des « canards boiteux », les Démocrates pourraient prendre le relais en janvier. Avec le contrôle des deux chambres, ils disposeraient de suffisamment de voix pour faire passer un avantage fiscal fédéral pour le cinéma sans le soutien républicain. Des sources indiquent que c'est une possibilité si les Démocrates décident d'améliorer la législation actuelle compte tenu de leur mandat perçu. Cependant, le président Trump a averti qu'il utiliserait son pouvoir de veto contre le Congrès à l'avenir. Étant donné que le projet de loi est souvent considéré comme un plan pour « sauver Hollywood », un secteur fréquemment associé aux Démocrates par le parti républicain, il existe un risque qu'il soit bloqué à la Maison Blanche.

De plus, le nouveau Congrès démocrate fait face à une longue liste de priorités, notamment les soins de santé, l'économie et les enquêtes sur les activités de l'administration Trump. Bien qu'un avantage fiscal fédéral pour le cinéma puisse rester dans leur agenda économique, il pourrait être dépriorisé au profit de questions plus pressantes. Le sénateur Adam Schiff, un défenseur précoce de l'avantage national qui avait auparavant pris du recul en raison de ses relations adverses avec la Maison Blanche, pourrait jouer un rôle clé dans le maintien de l'effort s'il assume une position de leadership la nouvelle année. Malgré les possibilités de retards ou de changements, l'abandon total de l'initiative est considéré comme peu probable par les observateurs de l'industrie.

Sources: Deadline.